Une étape cruciale vers la compréhension de la scoliose idiopathique

La Fondation Cotrel s’attache à mobiliser les chercheurs du monde entier autour de cette pathologie. C’est grâce aux colloques scientifiques internationaux annuels qu’elle organise depuis 15 ans à l’Institut de France que se sont rencontrées deux équipes qui se sont avérées complémentaires dans l’identification d’un des gènes responsables de l’apparition certaines formes familiales de la scoliose idiopathique.

La scoliose idiopathique touche près de 3% de la population générale à l’âge de 16 ans et se caractérise par une déformation de la colonne vertébrale qui survient au début de l’adolescence et s’aggrave pendant la croissance. Une rotation de certaines vertèbres s’accompagne alors d’une inclinaison de la colonne, qui conduit à une voussure dorsale. Cette gibbosité peut avoir de nombreuses conséquences telles que des douleurs invalidantes et des problèmes respiratoires parfois sévères. Les retombées peuvent aussi être sociales, parfois professionnelles ou liées aux conséquences esthétiques. Les causes de cette affection étaient jusqu’à présent inconnues, ce qui est traduit par le terme « idiopathique », qui signifie « sans cause connue ». Les traitements comprennent la kinésithérapie, la pose d’un corset et parfois la chirurgie. Les indications dépendent de la sévérité de la scoliose et de son évolution, qui restent imprévisibles à ce jour.
De longue date, des formes familiales de la scoliose idiopathique ont été reconnues, même si des formes non familiales, dites sporadiques, existent également.

Une équipe de recherche INSERM CNRS Université Lyon 1, dirigée par un généticien, le Pr Patrick Edery, du CHU de Lyon et soutenue par la Fondation Yves Cotrel – Institut de France, a d’abord montré en 2011 que le défaut de deux gènes, l’un situé sur le chromosome 5 et l’autre situé sur le chromosome 3, étaient responsables de certaines formes familiales de la scoliose idiopathique. Mais il restait à identifier les gènes en cause.

C’est maintenant chose faite pour le gène situé sur le chromosome 5, grâce à la collaboration, sous l’égide de la Fondation Cotrel, de l’équipe du Pr Patrick Edery avec une équipe canadienne de l’Université de Montréal dirigée par le Pr Florina Moldovan, du CHU Sainte Justine à Montréal.

Il s’agit du gène dénommé POC5, qui semble jouer un rôle majeur dans la mise en place de l’asymétrie corporelle droite-gauche, très précocement lors de l’embryogénèse. De plus, de façon étonnante, ce gène est fortement actif dans le cerveau, ce qui laisse penser que le défaut est situé au niveau du contrôle cérébral de la statique rachidienne. Ce travail constitue une avancée majeure pour comprendre l’origine de la scoliose idiopathique et donc pour envisager des stratégies thérapeutiques dans le futur.

Pr Florina Moldovan, du CHU Sainte Justine, Montréal

Pr Florina Moldovan, du CHU Sainte Justine, Montréal

Pr Patrick Edery, du CHU de Lyon, France

Pr Patrick Edery, du CHU de Lyon , France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour faire ce travail, les chercheurs ont tout d’abord lu les séquences d’ADN situées dans les régions d’intérêt du chromosome 5 préalablement déterminées et ont identifié une variation du gène POC5 qui a attiré leur attention chez les patients scoliotiques d’une des 6 familles françaises. L’étude de 41 autres familles françaises a alors montré que 10% d’entre elles environ étaient également porteuses de variations de l’ADN dans ce même gène, ainsi que certains patients sans forme familiale. Les chercheurs ont ensuite transféré ces mutations de l’ADN chez un modèle animal, le zébrafish ou poisson zèbre, qui a alors développé une déformation de sa colonne vertébrale similaire à celle observée chez les patients.

Ce travail, effectué par un post-doctorant de l’équipe franco-canadienne, le Dr Shunmoogum A. Patten, a permis de démontrer le rôle du gène POC5 dans la survenue de la scoliose idiopathique. Il s’agit là d’une avancée majeure vers la compréhension des mécanismes conduisant à la scoliose idiopathique. Il ouvre la voie vers l’identification de l’ensemble des gènes et peut-être des facteurs environnementaux qui contribuent à la survenue de cette affection. Une étape cruciale vient d’être franchie vers la compréhension et le traitement de la scoliose idiopathique, dont les causes étaient jusque-là méconnues.

Pour plus d’information :
Nora Muller-Conte : 04 44 41 44 47 / mullerconte@fondationcotrel.org
http://fondationcotrel.org

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2 réflexions sur “Une étape cruciale vers la compréhension de la scoliose idiopathique

  1. pomme dit :

    Ma mère,décédée à 69 ans, épuisée par son insuffisance respiratoire avait une scoliose, j’ai une scoliose et des problèmes respiratoires.
    ma fille et ma petite fille ont eu « des attitudes scoliotiques » qui m’ont causé beaucoup d’angoisse.
    Imaginez ma joie devant cette découverte !
    Ce n’est qu’un début bien entendu mais quelle avancée formidable !
    Ce sont les chercheurs qui ont trouvé, mais sans le docteur Cotrel et sa famille, rien ne serait fait dans la recherche des causes.
    C’est pourtant là que tout réside pour les enfants à venir ….
    Merci à Tous

  2. bravo à tous ces merveilleux médecins pour leurs avancées ! j’ai moi aussi une scoliose idiopathique qui a évoluée malheureusement dans les années 60/70 jusqu’à 120°…pour etre enfin corrigée (75°) par une tige de harrington et une seconde intervention plus tard sur les lombaires. Me reste hélas cette vilaine gibbosité qui m’aura bien gênée toute ma vie…Donc, BRAVO à tous ces chercheurs qui oeuvrent pour les générations futures ! tous mes encouragements

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